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Malgré un avenir inconnu, malgré une incroyable souffrance, la personne de foi est capable d’affirmer : « Mais je sais que mon rédempteur est vivant, et qu’il se lèvera le dernier sur la terre1. » (Job 19.25).

La vie n’est pas toujours une ligne droite ; elle a ses hauts, ses bas et ses courbes. Parfois, nos amis nous confient leurs incertitudes et leur anxiété. Parfois, notre propre horizon devient flou et notre chemin s’obscurcit. Dans ces cas-là, un passage des Écritures peut être rassurant et instructif : « Car nous marchons par la foi et non par la vue » (2 Co 5.7). Nous avons là une déclaration succincte. Notez bien ses trois éléments clés.

1. NOUS DEVONS MARCHER

Selon les Écritures, se tenir debout ne suffit pas. Nous devons marcher dans la vérité (2 Jn 4 ; 3 Jn 4). Cette marche implique deux concepts fondamentaux : le choix et le changement.

Marcher implique un choix. Parfois, la route se divise. Souvent, la décision la plus difficile ne porte pas sur ce qu’il faut inclure, mais sur ce qu’il faut exclure. Le problème, c’est que nous voulons tout, mais que nous ne pouvons pas suivre deux routes à la fois ! En outre, de tels choix sont importants. « Telle voie paraît droite à un homme, mais son issue, c’est la voie de la mort. » (Pr 16.25) La première tentation à laquelle les êtres humains ont été confrontés était une question de choix : devait-on faire confiance à Dieu ou risquer de rater quelque chose (Gn 3.1-6) ? Ainsi, dans notre cheminement, il convient de nous poser les questions suivantes : À quelles bifurcations de la route suis-je confronté ? Ai-je peur de rater quelque chose si je décide de suivre Jésus ? Jésus a fourni la feuille de route. Il a dit : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. » (Jn 14.6) Il a aussi dit : « Suivez-moi » (Mt 4.19).

Marcher implique un changement. Chaque moment est une invitation à grandir, et chaque jour, une occasion de découvrir de nouveaux horizons. Mais pour cela, nous devons être prêts à quitter notre petit nid douillet. Nous devons être disposés à laisser Dieu prendre notre monde, le secouer, le mettre sens dessus dessous et en faire une nouvelle création (Ac 17.6 ; 2 Co 5.17). Nous devons être prêts à laisser Dieu sortir de la boîte bien rangée où nous l’avons mis et à le laisser travailler comme il l’entend2.

Ce changement dans votre vie sera peut-être quelque chose auquel vous n’avez jamais pensé auparavant : aider les sans-abri, animer une étude biblique, devenir missionnaire, échanger le confort du monde contre un trésor céleste (Lc 18.22). À quoi ressemblera votre bouleversement ? Je ne sais pas. Mais je sais que si vous faites confiance à Dieu, il vous emmènera dans un voyage qui transformera votre vie.

2. MARCHER PAR LA FOI

Marcher par la foi… Le concept est simple, mais la tâche, elle, difficile. La foi ne facilite pas les choses, elle les rend possibles. On peut avoir du mal à faire confiance à Jésus. Il faut suivre l’invisible dans l’inconnu.

La foi, c’est mettre l’âme au défi d’aller au-delà de ce que les yeux peuvent voir. C’est faire le premier pas alors qu’on ne peut entrevoir l’ensemble du voyage. Ce n’est pas espérer que Dieu puisse le faire, mais savoir qu’il le fera !

Paul a écrit : « Or la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas. » (He 11.1 ; c’est nous qui soulignons) Marcher par la foi, c’est croire en la réalité de ce que nous ne pouvons comprendre. C’est vivre dans l’attente confiante de ce qui est encore à venir. C’est conduire notre vie avec une vision de l’éternité.

En outre, marcher par la foi, c’est vivre par la foi3. C’est mettre notre cœur au diapason de la voix de l’Esprit, c’est vivre en harmonie avec la Parole (Jn 10.27 ; 16.13). C’est choisir le plan de Dieu plutôt que de nous fier à notre propre compréhension (Jr 29.11 ; Pr 3.5,6). C’est faire du royaume de Dieu notre priorité absolue (Mt 6.33).

Marcher par la foi exige courage et force. Vous devez consentir à être incompris. Pour certains, votre ligne de conduite peut, en fait, sembler téméraire. En effet, « l’homme animal ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge » (1 Co 2.14). La Bible met en lumière la vie des fous pour Dieu : Noé construit une arche en prévision d’un déluge, alors qu’il n’a jamais plu sur la terre (Gn 2.5,6 ; He 11.7) ; Abraham s’accroche à la promesse qu’il sera « père d’une multitude de nations » (Gn 17.4,5), même s’il a presque 100 ans et est sans enfants ; Moïse, alors que la puissance militaire de l’Égypte a coincé Israël au bord de la mer Rouge, étend sa main sur la mer (Ex 14 ; He 11.29) ; Josué marche autour d’une ville fortifiée pendant sept jours (Jos 6 ; He 11.30).

En résumé, la marche par la foi est un voyage à couper le souffle – un voyage époustouflant qui change la vie ; un voyage qui nous permet de faire l’expérience de Dieu dans sa plénitude et dans sa grâce4 ; un voyage qui nous prépare à être utilisés puissamment pour sa gloire.

3. PAR LA FOI, ET NON PAR LA VUE

Dans un sens plus large, le terme vue signifie « par les sens » – ce que nous entendons, ressentons, sentons et même goûtons. La vue est, toutefois, le sens dominant. En effet, c’est par la vue que nous avons acquis 75 à 80 pour cent de nos connaissances5. En fait, le traitement des informations visuelles utilise une plus grande partie du cerveau que tous les autres sens réunis6. Par conséquent, « la vue » est la partie qui représente le tout.

Les sens posent trois problèmes fondamentaux. Premièrement, les sens physiques ne peuvent discerner les choses spirituelles. Jésus a dit à Nicodème : « Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. » (Jn 3.6) Il s’agit simplement de domaines différents de la réalité. Nous avons déjà noté dans 1 Corinthiens 2.14 que les choses spirituelles semblent folles pour l’être humain naturel. La suite de ce passage nous explique pourquoi : « Il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge ».

Deuxièmement, nos sens physiques sont étroitement liés à nos sentiments. Mais nos sentiments ne sont pas le critère ! Richard Sibbes a écrit : « Ne mesurez pas l’amour et la faveur de Dieu par vos propres sentiments. Le soleil brille aussi clairement dans le jour le plus sombre que dans le jour le plus lumineux. Ce n’est pas le soleil qui fait la différence, mais plutôt certains nuages qui empêchent la manifestation de sa lumière7. » De même, Ellen White donne ce conseil : « Ne faisons pas de nos sentiments le critère pour savoir si la faveur de Dieu nous est assurée. […] Il n’est pas sage de vous tourner vers les émotions et d’essayer de mesurer votre spiritualité par vos sentiments. Ne vous étudiez pas vous-même ; détournez votre regard de votre personne et fixez les yeux sur Jésus8. » Bref, nous ne devons pas vivre confinés dans une cellule de sentiments et d’émotions, mais plutôt dans la réalité de la foi de Dieu.

Troisièmement, les expériences sensorielles ne sont pas toutes d’origine divine. Les tromperies sataniques séduisent « ceux qui n’ont pas cru à la vérité », qui « n’ont pas reçu l’amour de la vérité » (2 Th 2.9-12). La perception peut être une tromperie9. Par conséquent, le simple fait de percevoir quelque chose ne signifie pas forcément que cette perception soit une révélation de la vérité divine ou du plan de Dieu pour notre vie.

Ceux qui marchent par la vue se heurtent à deux types de difficulté – les biens matériels et la souffrance10.

Premièrement, ceux qui marchent par la vue gèrent leurs biens matériels avec anxiété. La difficulté sous-jacente est que « les yeux de l’homme sont insatiables » (Pr 27.20) et que la poursuite de la richesse devient une obsession (Mt 6.24 ; Col 3.5). En outre, les fluctuations du monde matériel ne peuvent garantir que la fortune d’aujourd’hui existera encore demain. Par conséquent, les Écritures nous préviennent « de ne pas mettre [notre] espérance dans des richesses incertaines », lesquelles « plongent les hommes dans la ruine et la perdition » (1 Tm 6.17,9).

En revanche, ceux qui marchent par la foi gèrent les biens matériels avec satisfaction. Paul a déclaré : « [J’]ai appris à être content de l’état où je me trouve » (Ph 4.11). En tant que croyants, nous reconnaissons la promesse de Dieu selon laquelle il pourvoira aux besoins de ceux qui donnent la priorité à son royaume (Mt 6.25-33). Nous répondons à cette invitation : « Déchargez-vous sur lui de tous vos sou- cis, car lui-même prend soin de vous. » (1 P 5.7)

Deuxièmement, ceux qui marchent par la vue observent la souffrance avec désespoir. La vie semble tellement injuste ! Les méchants prospèrent, et les justes souffrent… « Mes pas étaient sur le point de glisser […] en voyant le bonheur des méchants », confesse Asaph (Ps 73.2,3). Pensons à Job, que Dieu a décrit comme étant « intègre et droit » (Jb 1.8). En un court laps de temps, il perd sa richesse, ses enfants et sa santé. Il reçoit ensuite de sa femme ce conseil : « Maudis Dieu, et meurs ! » (Jb 2.9), puis, celui de ses amis : « Éloigne-toi de l’iniquité » (Jb 11.14). Décidément, Job avait de quoi désespérer…

Ceux qui marchent par la foi, cependant, affrontent la souffrance avec espoir. Paul a fait l’expérience de la souffrance. Aux croyants de Corinthe, il en a fourni un inventaire partiel : « Cinq fois j’ai reçu des juifs quarante coups moins un, trois fois j’ai été battu de verges, une fois j’ai été lapidé, trois fois j’ai fait naufrage, j’ai passé un jour et une nuit dans l’abîme » (2 Co 11.24,25). Pourquoi Paul n’a-t-il pas sombré dans le désespoir ? Lui-même donne la réponse : « C’est pourquoi nous ne perdons pas courage […] parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles » (2 Co 4.16-18).

Malgré d’incroyables souffrances, Job a pu s’exclamer : « Mais je sais que mon rédempteur est vivant […] Quand ma peau sera détruite, il se lèvera ; quand je n’aurai plus de chair, je verrai Dieu. […] Mon âme languit d’attente au dedans de moi. » (Jb 19.25-27)

APPLICATIONS PRATIQUES

Les disciples avaient tergiversé. Lorsqu’ils se sont finalement éloignés de la rive et ont commencé à traverser le lac, une tempête s’est levée. Il ne s’agissait pas d’une tempête ordinaire – même pour des pêcheurs expérimentés. Ils se sont mis à avoir peur. Soudain, ils ont aperçu une forme qui marchait sur l’eau. Persuadés qu’ils étaient sur le point de mourir, les disciples ont pousssé des cris de terreur. Alors, Jésus leur a dit : « Rassurez-vous, c’est moi ; n’ayez pas peur ! » Sans hésiter, Pierre a répondu : « Seigneur, si c’est toi, ordonne que j’aille vers toi sur les eaux. Et [Jésus] dit : Viens ! » (Mt 14.22-29)

Pierre est sorti de la barque et a commencé à marcher vers Jésus. C’est extraordinaire ! pensait-il. Est-ce que les autres me regardent ? Pierre s’est retourné, et alors, remarquant la violence du vent, il a pris peur. Il s’est concentré sur les vagues et a paniqué. Comme il commençait à s’enfoncer, il s’est écrié : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus a étendu la main et l’a saisi, en disant : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » (Mt 14.30,31)

Pierre avait pourtant bien commencé ! Il était sorti courageusement de la barque. Mais dès qu’il a commencé à marcher par la vue, la peur l’a saisi et il s’est mis à couler. Au lieu de rester en retrait et de laisser son disciple boire la tasse, Jésus lui a immédiatement tendu la main et l’a sauvé. Puis, il lui a dit de marcher « par la foi ».

Prenons un autre exemple. Conformément à l’ordre de Dieu, Moïse avait envoyé 12 hommes explorer la Terre promise. Pendant 40 jours, ils ont parcouru le pays de Canaan. Puis ils sont revenus et ont fait ce rapport à Moïse : « Nous sommes allés dans le pays où tu nous as envoyés. À la vérité, c’est un pays où coulent le lait et le miel […]. Mais le peuple qui habite ce pays est puissant, les villes sont fortifiées, très grandes ; […] nous y avons vu les géants […] : nous étions à nos yeux et aux leurs comme des sauterelles. » (Nb 13.27-33) Douze hommes avaient marché. Mais sur les 12, 10 avait marché par la vue. Se fiant à leurs sens, ils sont tombés dans le découragement. Par contre, Caleb et Josué ont marché par la foi : « Le pays que nous avons parcouru, pour l’explorer, est un pays très bon, excellent. Si l’Éternel nous est favorable, il nous mènera dans ce pays, et nous le donnera : c’est un pays où coulent le lait et le miel […] ne […] craignez point ! » (Nb 14.7-9)

Alors, choisissez la foi ! Laissez-la surpasser vos peurs. Comme Daniel, décidez de suivre le plan de Dieu sans tenir compte de ce que les autres peuvent penser ou faire (Dn 1-6). Comme Esther, défendez ceux qui sont menacés et opprimés, même face à la mort (Est 4-8). Comme Joseph, accrochez-vous au rêve que Dieu a mis dans votre cœur, même s’il vous semble que vous avez tout perdu (Gn 37 à 50). Et comme Abraham, avancez avec foi, même si le chemin vous est inconnu (He 11.8-10). Puisse cette prière être la vôtre : « Je me confie en toi. Fais-moi connaître le chemin où je dois marcher ! » (Ps 143.8) Et alors que vous acceptez l’invitation de Dieu, avancez dans la foi !

John Wesley Taylor V, titulaire d’un doctorat de l’université Andrews, à Berrien Springs, dans le Michigan (États-Unis), ainsi que d’un doctorat en éducation de l’université de Virginie, est directeur adjoint du Département de l’éducation à la Conférence générale des adventistes du septième jour, à Silver Spring, dans le Maryland.

De John Wesley Taylor V, titulaire d’un doctorat de l’université Andrews, à Berrien Springs, dans le Michigan (États-Unis), ainsi que d’un doctorat en éducation de l’université de Virginie, et directeur adjoint du Département de l’éducation à la Conférence générale des adventistes du septième jour, à Silver Spring, dans le Maryland.
Source : Dialogue 33 (2021/2), p. 11-13


  1. Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910.
  2. Dena Johnson Martin, « What Does It Mean to Walk by Faith? », Crosswalk.com, 4 mars 2020, http://www.crosswalk.com/faith/spiritual-life/what-does-it-mean-to-walk-by-faith.html.
  3. John Wesley, « The Difference Between Walking by Sight, and Walking by Faith », Sermon 113, Londres, 30 décembre 1788.
  4. Dena Johnson Martin, « What Does It Mean to Walk by Faith? ».
  5. British Audiovisual Association, Cheshire, U.K., Sigma Technical Press, 1983.
  6. Carl Sherman, « The Senses: A Primer, Part II », fourni par The Dana Foundation, brainfacts.org (25 septembre 2013), https://www.brain-facts.org/thinking-sensing-and-behaving/vision/2013/the-senses-a-primer-part-ii.
  7. Anglican theologian, p. 1577-1635. Cité dans M. Water, The New Encyclopedia of Christian Quotations, Alresford, Hampshire, John Hunt Publishers Ltd., 2000, p. 366.
  8. Ellen G. White, « God’s Word Our Assurance », The Signs of the Times, 3 décembre 1894, par. 1.
  9. Les illusions d’optique et le décalage Doppler en sont la preuve.
  10. Adaptation de Shane Scott, « We Walk by Faith, Not by Sight », tirée de Expository Files 3.12, décembre 1996, https://www.bible.ca/ef/expository-2-corinthians-5-7(2).htm.